Ma rencontre avec une romancière

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rendez vous

Elle s’est assise en face de moi. Son regard est plein de malice, perçant mais empreint de douceur. Elle a un large sourire, accueillant et bien dosé, collé sur son visage ovale.  Ses habits montrent son goût pour l’élégance parisienne mais n’affichent aucune volonté d’impressionner. Si elle n’était pas romancière, je la verrais bien responsable commercial. Pendant que je la dévisage  discrètement, le serveur vient à notre table pour nous apporter la carte. Sans  la consulter, elle se commande un smoothie à la banane (je suis curieux de savoir ce que c’est).  Moi, j’ai du mal à choisir entre les sept types de café proposés. Finalement, je me décide à prendre « celui-là » que je montre du doigt au serveur. « Ah ! Un AMERICANO coffee ! » Me dit-il fier de m’apprendre à lire. Il nous demande si nous ne voulons pas autre chose et, après un refus très courtois de la part de mademoiselle, il s’éclipse discrètement.  J’aurais voulu un peu de ramanonaka avec mon americano mais, ici il n’y en a pas.

L’endroit s’appelle Starbugs, le style est très américain, la décoration gaie et colorée. Il est correct, design… mais pas assez luxueux du point de vue d’un paysan. Il n’y a ni bois massif, ni marbre, ni sculpture  en pierre, ni cuir, etc. Bref, rien qui justifie le tarif exorbitant qui s’y pratique. D’autant plus que le coût des matières premières, dans le domaine de la restauration à Madagascar, est relativement  faible. Cela dit, on s’y sent à l’aise quand même.

Pendant que nous bavardions, j’apprends qu’en réalité, elle s’appelle Tantely, mais elle insiste pour que je continue à l’appeler Miel.  Je remarque aussi qu’elle est douée pour donner une tournure lyrique aux expressions les plus anodines. Pour souhaiter une bonne journée, par exemple, elle dirait  « Qu’un ciel bleu sans nuage se tienne au dessus de ta tête  jusqu’à ce que le soleil se couche! »Je trouve cette manière de parler très amusante. Elle me parle d’un poème d’un certain Aragon qu’elle apprécie particulièrement, du premier roman d’un certain Marc Levy qui l’avait marquée bien qu’à son goût, il manquait de style littéraire. Je lui dis alors que je suis plutôt un paysan scientifique et que la plus grande œuvre littéraire que j’ai jamais lu c’est « Les aventures de Oui-Oui. » Elle éclate de rire et me dit qu’elle avait remarqué mon côté scientifique et que ça lui rappelle un certain Houellebecq. Sauf que, selon elle, contrairement à lui, j’ai la joie de vivre.  Malgré nos différences, elle et moi aimons rire, et prenons également  plaisir à discuter de tout et de rien. Mais ce qui fait que nous nous entendions  si bien, c’est notre plus grand défaut et, peut-être aussi, notre plus grande qualité, celui d’avoir un trop grand cœur. Les heures ont défilé très vite et il est temps de partir. Au moment de se séparer, je lui demande son plus grand chef d’œuvre en tant que romancière. Elle me fait son grand sourire et me répond simplement « ma vie, et je suis toujours en train de l’écrire. »

PS : Cette histoire n’est que pure invention, toutes ressemblances à des endroits ou à des personnages existants dans la vie réelle ne seraient que le fruit du hasard. J

A toi!

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celibataire

Le réveil a sonné, il est 5:55. Je me rendors puis je me lève à 6 :00 ou plus. Je prends ma douche, je bois mon café. Je fais le tour de la maison, tout est là, comme je l’avais laissé la veille. Pourtant, il semble manquer quelque chose. Peut être pas quelque chose mais quelqu’un. C’est parce que tu n’es pas là !

Oui, où es-tu femme de ma vie ? Je me pose la question mais, au fond, je ne sais pas si je te cherche vraiment. Après tout, si je suis célibataire, c’est un peu par choix. Pourquoi? Je suis plus un homme de débat qu’un homme de conflit. Or, tu sais très bien que dans un couple, le débat peut très vite se transformer en conflit quand les avis sont diamétralement opposés. Cela me fait penser à ces sociétés de deux actionnaires qui donnent plus de pouvoir à l’un pour éviter tout blocage. Ou à ces directions collégiales dont les membres sont en nombre impair.

divorce

Les compromis

Contrairement à eux, toi et moi, nous nous aimons. Nous sommes unis par l’amour, et pour que notre union soit tenable, nous ferons toujours des compromis. Tu sais, ces décisions où personne ne gagne ni ne perd ? Je t’explique, imaginons que nous sommes dans une voiture, toi et moi, et qu’on arrive à un croisement. Toi, tu voudrais tourner à droite et moi à gauche. Et bien, le compromis consisterait à rouler tout droit. Ou bien, le compromis consisterait à ce que tu cèdes de temps en temps et que moi aussi je cède de temps en temps. Mais dans ce cas là, on finira par se rejeter mutuellement des fautes tôt ou tard. La situation deviendra si tendue que nous aurons besoin d’une tierce personne pour trancher, le juge.

les enfants

Les enfants

Quoique, nous n’aurions pas eu besoin du juge si nous avions eu des enfants. Non pas qu’ils trancheraient sur nos disputes, mais que grâce à eux, notre relation se transformerait en une prison sans murs dont ils en seraient les gardiens ! Pour eux nous aurions été obligés de rester « unis ». Je t’avoue que ni le juge ni la prison ne me convient.

Un animal sans tête n’avance pas

Ce qu’il faudrait, c’est que toi et moi on désigne un chef. Alors qui va se dévouer ? Dans les temps anciens, et dans certaines mœurs, cette question ne se poserait pas car je serais ton chef ! La bible même, dans éphésiens 5 :23-26 me désigne comme ton chef et m’impose, en contrepartie, de t’aimer. La question semble réglée et c’est peut-être pour cela qu’il y avait eu moins de divorce avant ! Mais moi, je ne te veux pas soumise. Ce serait injuste envers toi, envers tes efforts et tes années d’études de te cantonner au rôle de subalterne. Tu ne serais pas heureuse et je te veux telle que tu es. Tu me diras que par amour tu accepteras de fléchir sur certains sujets et je peux t’affirmer la même chose. Mais qu’arrivera t-il quand il ne s’agira plus de certains sujets mais d’un grand sujet ?

Comme le dit un adage malagasy : « Un animal sans tête n’avance pas.» Donc si ce n’est pas moi le chef, ce sera forcément toi. Mais, je suis un électron libre, j’ai toujours dirigé ma vie comme je l’entends, et je pense que je ne serais pas heureux si cela devait changer. Du coup, sur ce point, déjà, on en revient à la question du compromis.

simba

 L’idéal

L’idéal serait que nous soyons d’accord sur tout, mais c’est impossible. Alors, que nous soyons, au moins, d’accord sur les grands sujets. Mais comment savoir puisque ces grands sujets ne se présenteront que plus tard ?

soumise

Jusqu’à quand ou jusqu’à quoi ?

Je me souviens, il y a une semaine encore, j’avais croisé un oncle qui me disait qu’il était peut être temps que je me marie. Dans ma tête je lui rétorquais « avec qui ? Et jusqu’à quand ? » Mais je me suis abstenu, je lui avais simplement répondu que ce n’était pas encore dans mes priorités. Je ne voulais pas engager le débat parce que, pour quelqu’un qui a grandi à la grande époque du machisme, la question ne se pose pas.

Ainsi donc, tu comprendras pourquoi je ne te cherche pas. Cela dit, je ne désespère pas de te trouver un jour. Et quand ce sera le cas, nous serons ensemble mais jusqu’à quand ? Ou jusqu’à quoi ?

En attendant, au revoir.

RIZ! Ira bien qui lira le dernier!!

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     Le riz est le plat principal à Madagascar ! Ça, tout le monde ou presque le sait. Le laoka, l’accompagnement, peut s’agir de steaks, de légumes et même de frites …tout ce que vous voulez, du moment que c’est comestible. Ce qu’on appelle PLAT ailleurs, ici on l’appelle LAOKA !

Voanjobory sy henankisoa (avec du riz) Photo prise sur internet.

Voanjobory sy henankisoa (avec du riz) Photo prise sur internet.

    Quand un malgache lambda vous dit qu’il a mangé des tagliatelles de zébu séchées (kitoza pour les intimes) à midi par exemple, ça veux dire que c’était en accompagnement avec son riz.

Il ne le mentionne pas puisque ça va de soit. Cependant, tous les malgaches ne se ressemblent pas. Ici comme ailleurs, les comportements varient selon l’individu.

Et à ce sujet, voici une liste d’individus, avec leur comportement culinaire respectif, établie par un malgache lambda (moi). Un peu court diront certains, mais je suis comme ça, je ne vois que le bout de mon nez. Dans ce cas précis, le bout de mon riz.

Voici donc, cette fameuse liste:

Le riche : celui qui a plus de laoka que de riz

Le pauvre : celui qui a du riz et quelques fois du laoka

Le radin : celui qui compte le riz au grain et non au nombre de *kapoaka ni de kilos

L’économe : celui qui met tous les *akotry de côté pour avoir un kapoaka de riz à la fin de l’année

Le snob riche : celui qui ne mange que du laoka jamais de riz

Le snob pauvre : celui qui immortalise les rares moments où il n’a mangé que du laoka en prenant des photos de son plat

Le mytho : celui qui s’invente un laoka

Le scientifique : celui qui calcule la variation de masse subie par le riz au cours de la cuisson, en tenant compte du phénomène d’évaporation, pour savoir s’il est comestible

Le comptable : celui qui enregistre la quantité de riz avalés et la quantité de caca sortis

Le patron : celui qui dicte le laoka et laisse l’initiative aux autres sur la manière de le cuisiner

L’entrepreneur : celui qui a trouvé une nouvelle recette qui permet d’avaler le maximum de riz tout en ayant un minimum de défécation et mise tout dedans.

Le chef : celui qui te demande de bien cuisiner pour qu’il puisse être félicité par le patron

Le déprimé : celui qui trouve que son riz ressemble à de la merde blanche.

Le philosophe : celui qui pense que le riz est une manifestation décadente de spaghetti et que…(j’ai coupé ses explications parce que j’y comprends que dalle)

Le photographe : celui qui met du laoka sur le riz pour y planter ensuite une fourchette et qui fait des acrobaties bizarres avec son appareil pour prendre « une » photo du bout de la fourchette

Le twitto : celui qui sait ce qu’est un riz touite

Le politicien: Celui qui garde une grande partie du riz pour lui et se plaint qu’il n’y ait rien à manger pour les autres!

LEXIQUE:

*kapoaka : doseur de riz confectionné à partir d’une boite de lait en conserve
*akotry : grain de riz non décortiqué

Les habitués de l’EPI BAR

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Ici à Madagascar, il y a des endroits appelés EPI BAR et dans chaque quartier, je crois sauf les plus huppés, il y en a au moins un.

Qu’est ce qu’on fait dans cet EPI BAR ?

On y discute autour d’un rhum ou d’un THB (une bière locale). On y rencontre souvent  de curieux personnages, et dès fois, on a l’occasion d’échanger quelques idées avec eux.

Dans cet article, je vais te parler des habitués de l’EPI BAR de mon quartier et de leurs visions de la vie politique GASY.

Évidement, j’ai pas pu discuter avec tout le monde mais, je vais te présenter les 3 habitués que je croise le plus souvent. En petit bonus, je vais même te présenter un 4ème à la fin (ou pas) de l’article.

En attendant, revenons à nos 3 habitués.

Le premier, ( l’ordre de préséance m’importe peu mais je vais le mentionner en premier pour satisfaire son ego 😉 et caresser, dans le sens du poil, sa conviction profonde sur sa supériorité.)c’est le mec qu’on surnomme

Ingahy Ndriana !!

Accroches toi bien!! la phrase qui va suivre risque de te donner un mal de tête.

Lui, c’est le mec qui a epousé une meuf dont il a été amoureux de la mère avant que, celle-ci ne crève brutalement. Il passe sa vie à faire en sorte que la meuf ressemble à sa mère (Un peu compliqué pour toi ? T’inquiète !! Je t’explique tout ça en bas !).

En gros, il veut que Madagascar redevienne ce qu’il était avant la colonisation ou plus loin encore. Il est également convaincu que, par son sang bleu (supérieur au sang rouge des autres) hérité de ses ancêtres, il est de droit le CHEF !! 

Tu crois que c’est une blague ?? Non, c’est très sérieux ce truc, et il n’est pas le seul à être atteint.

En fait, il est membre d’une secte dont un des plus illustres apôtres se nomme Andrianantsoinimerina. Et tous les adeptes de la secte partage sa la même vision. Dans cette secte, outre l’interprétation et l’application des paroles et écritures «saintes» des ancêtres, ils font l’apologie du « sang bleu ». D’ailleurs, je pense que ça ne les dérangerait pas de sacrifier quelques « sang rouge » si ça leur permettait d’atteindre leurs objectifs suprématistes.

Autre particularité,

au sein de la secte, ils hiérarchisent les individus en fonction de la bleuté du sang. Au top, les « sangs bleu marine » bien sûr !! Ensuite, les autres. Je ne sais pas où ils sont allés chercher ça mais bon, chacun est libre d’avoir sa propre religion.

Moi perso, je ne suis pas prêt à avaler des délires ésotériques, datant du XVè siècle, qui prônent le racisme et la division. Mais c’est peut être mon complexe d’infériorité qui me pousse à parler ainsi!!

Ah oui !!! Je t’ai pas encore dit !?

Pour les membres de la secte, si t’es pas d’accord avec eux, c’est pas le diable qui est en toi mais le sang rouge. Un sang rouge à l’origine de ton complexe d’infériorité face à la « supériorité » du sang bleu. Ce qui est très logique quand même ! Du moins, du point de vue des adeptes.

Enfin, imaginons que Ingahy Ndriana dirige le pays :

  • Cet article sera bloqué pour hérésie
  • Nous allons tous jeter nos noms à la poubelle pour mettre « arrière petit fils/fille de… »
  • Tu ne pourras plus sortir avec la fille super canon du boulot. Bien sûr que NON !! Quand t’es « fils de » tu ne sors qu’avec la « fille de »…même si vous n’avez rien en commun. C’est comme ça !!
  • QUOI ?? T’as un sang vert ?? Merde alors !! Coupes vite ta connexion, t’as pas droit à internet, désolé ! :/
  • T’es pas d’accord avec les doctrines de la secte (comme 99 pour cent de la population) ?? TU fais une manif TE TAIS !! Sinon la police viendra te chercher.

Ça à l’air super hein !?

Bon, assez parler de Ingahy Ndriana et de sa secte. Laissons le méditer tranquillement sur sa foi et passons à l’autre habitué du Bar.

On le surnomme

INTELLO

Lui c’est le mec qui kiffe les citadines mais, n’arrivant pas à en pecho une, il a fini par épousé une fille de la campagne. Il passe sa vie à vouloir la transformer.

Bah, lui, Il a fait ses études dans un autre pays. Actuellement, il bosse en tant qu’assistant de l’assistant. Mais c’est juste temporaire. D’ici deux ans, il compte tafer un an ou deux sur la lune, histoire de renforcer son « background ».

Son Master PhD en « droit et économie transversalisés orientés management socio-technologique avec notion de BTP » (compliqué hein !!?) fait qu’il a un avis sur tout. Et apparemment, tout le pousse au suicide dans ce pays. A commencer par l’EPI BAR.

«Epi bar !!!? C’est quoi ce nom à la con ? C’est une épicerie ou un bar ? Il faut choisir bon sang !! (Bleu ou vert c’est pas important, je vois Ingahy Ndriana intéressé quand on parle de sang) A force d’indécision, on finit par avoir une épicerie médiocre qui n’a même pas d’épices et un bar médiocre qui n’a même pas de whisky.»

Pour ce fin connaisseur, le rhum malgache est loin de la finesse du whisky, de la subtilité d’un martini etc. Les hideuses sandales en cuir, cousues à la main, dans les pieds de quelques clients, sont une honte à la notion d’esthétique (à l’européenne bien sûr).

Il voudrait rouler en Ferrari, s’habiller en Gucci, Armani, Boss….fumer de la beuh importée de Jupiter, discuter politique inter galactique sur le plus haut toit du monde.

OUI et toute cette bande de babakoto ignorants et incapables le fait chier grave.

MAIS, il va quand même leur promettre un monde merveilleux, digne d’un scenario Disney, pour qu’ils lui donnent le pouvoir. Bah oui ! Comment veux-tu t’acheter une Ferrari dans ce trou à rat sans faire de la politique ?? Tu penses que c’est possible ?? Ok, vas rejoindre le troupeau maintenant ! On ne peut plus rien pour ce pays ! Autant prendre tout ce qu’il y a à prendre en 5ans et embarquer sur un radeau.

Il n’a jamais rien apprecié dans ce pays. Et s’il était au pouvoir, à part le fait qu’il va s’en mettre plein les poches, il va changer à tout-va les choses qu’il ne comprend ou n’aime pas.

BON, Imaginons qu’il est au pouvoir :

  • Les EPI BAR devront choisir entre bar ou epicerie.
  • Il fera importer plein de truc, y compris des chaussures, pour que les malgaches soient plus « civilisés ». L’artisan qui confectionnait les sandales va se retrouver au chômage ! bien fait pour sa gueule !!
  • On va raser ton village pour y mettre un grand hôtel appartenant au Qatar ! NON, Il n’a pas pris cette décision pour améliorer ta vie ! T’ES FOU ? C’est pour toucher la grosse commission sur la vente (pareil pour l’importation susdit) !! Ton village était moche de toute façon.
  • Il prendra des mesures complètements inutiles mais tape à l’œil pour prouver qu’il travaille. Il en fera un argument pour justifier un autre mandat après.
  • Le plus important (en tout cas pour lui) c’est que, à la fin de son mandat, il sera dans le classement FORBES. (Peut être un 2ème mandat pour remonter un peu le classement Monsieur??)

Mais bon, laissons Mr Fourbes préparer ses magouilles en vue d’une Ferrari. Et parlons du 3ème habitué du bar.

Il s’appelle

RAKOTO  

Lui c’est le mec à qui on a imposé une meuf ! Il connait pas d’autres meufs donc, il s’adapte à celle qu’il a. Comme on dit, IL VIT AVEC !!

C’est celui qui tient l’EPI BAR. Méprisé par Ingahy Ndriana qui s’estime être son supérieur, et par Intello qui le trouve ignorant, Il est peu bavard concernant la politique sauf quand c’est une question qui touche directement sa vie quotidienne. Et c’est justement sur sa vie qu’il a beaucoup de chose à dire.

N’ayant pas vécu dans l’opulence avec ses parents agriculteurs, il a su très vite que pour survivre, il fallait tafer dur et SURTOUT bien s’entendre avec les voisins. D’ailleurs, au début, avant de commencer l’EPI BAR, il achetait à crédit des zébus à CES VOISINS pour les revendre au reste du village dont il était le premier boucher.

Après que, presque tout le village s’est mis à faire comme lui, il a du se reconvertir dans une autre filière. C’est donc, avec l’aide d’un POTE à moitié BETSILEO*, qui lui fournissait du vin « made in FIANAR », qu’il s’est mis à vendre du vin. C’est ainsi que l’EPI BAR est né. Aujourd’hui, les articles sont tout aussi variés que le sont les fournisseurs. Et il a même ouvert une usine à décortiquer le riz.

Lui, il vit toujours aussi simplement qu’à ses débuts. Toujours en « kapa » (sandales), en malabary, coiffé d’un chapeau, il puise toujours l’eau du puits, il utilise toujours le « kitay » (buche) comme combustible (le chic et le mode de vie à l’européenne, il connait pas !).

Il est persuadé qu’il ne faut pas dépenser inutilement l’argent.

Son entourage le convainc de vendre sa Peugeot 504 bachée et d’acheter un pick up. Mais, UN PICK UP ?? C’est Non. Peut-être un camion de plus pour la prochaine période de récolte mais pas question de pick up. En plus, la «bachée», il la connait bien. Et avec l’aide de son neveu ils font eux même la maintenance.

Ne dépensant que très peu, qu’est ce qu’il fait de ses économies alors ??

Bah, avec son ou ses camions (c’est très utile un camion !!) il va « collecter » (acheter à bas prix serait plus exacte) beaucoup de riz auprès de ses amis producteurs (et quand je dis beaucoup c’est un euphémisme). Et ce riz, il ne va pas le vendre tout de suite. Il va faire une spéculation. Même s’il n’a pas fait d’étude, il n’est pas con pour autant, il est capable de prédire exactement où et quand le prix du marché atteindra son pic et c’est là qu’il va revendre (bienvenu à Wall Street !!).

Parmi les rares instants où il a parlé politique

c’était, en 2007, quand le groupe TIKO de RAVALO (l’ancien président) a commencé à investir, lui aussi, dans le riz. Il ne voyait, dans cette démarche, aucune empathie envers les petits opérateurs comme lui. Les « madinika » comme on dit.

Bon ! Vu qu’il ne s’intéresse pas à la politique, je ne pense pas qu’il aimerait être président.

Imaginons quand même qu’il le devienne.

  • Chacun fera ce qu’il voudra, faudra juste faire attention au riz quotidien des autres !!
  • Il se mettra à investir dans tous les secteurs intéressants et il ne restera plus rien pour les « madinika ». (J’ai comme une impression de déjà vu)

*Quand je mentionne le « BETSILEO » ce n’est pas dans un objectif discriminatoire ni séparatiste, c’est plus pour montrer une région viticole de Madagascar. Que ce soit clair, je ne préjuge en rien la personne et n’incite en aucun cas à un comportement particulier envers elle. (Je ne suis membre d’aucune secte moi !)

PS : A cet instant précis, on me dit que:

  • Dans la secte du sang bleu, il y a un débat pour savoir si le bleu azur est supérieur au bleu ciel !
  • Intello est en pleine négociation avec un grand pays concernant un essai nucléaire sur Antananarivo. Il parait qu’il y a beaucoup d’argent en jeu !
  • Rakoto a acheté une nouvelle paire de sandale pour la somme record de 4 ariary. (Inconvertible ni en euro, ni en dollar, désolé)
  • Les personnages sont fictifs, toute ressemblance avec des personnages réels ne serait que fortuite.
  • Tu as lu ce truc jusqu’à la fin ?? merci à toi. N’hésites pas à me faire part de ton avis.

Sur ce, je pense que la présentation des habitués de l’EPI BAR, que je croise souvent, est finie. Pour le 4ème personnage, je te le présenterai dans mon prochain article.

A bientôt !! Veloma !